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Le CR de La course

Ultra Trail de la Plage Blanche... Edition " 0 "

Je cherchais comment commencer ce CR mais en écrivant le titre l'idée s'est imposée d'elle-même...

Effectivement, c'était l'édition " 0 " de cette course, mais pour une fois, Le numéro de l'édition ne correspond pas du tout à ce que nous avons pu vivre, mais alors pas du tout !

Ce trail a germé dans l'esprit torturé de quelques trailers(euses) au passé aussi riche que varié... Un truc du genre
"- Et si au lieu d'aller faire une compet' dans le désert tout là-bas, on s'organisait un petit "off" entre amis, juste pour le plaisir de se mettre du sable plein les chaussures ?"

Cyrus corrigera si je dis des bêtises mais c'est un peu dans cet esprit là que les choses vont démarrer et nous conduire jusqu'à Tafnidilt un jour d'avril 2017.

Je me souviens qu'un jour, alors que nous parlions d'une course dans un autre désert, Cécile m'a proposé cette idée-là.
"-J'ai un copain qui part souvent faire de la moto au Maroc, qui fait aussi un peu de trail, et qui pourrait nous organiser un off de 130km dans le désert, ça te tente ?"

Que voulez-vous répondre à ça ?

C'est comme cela que je suis rentré en contact avec Cyrus... Un modèle helvète impressionnant, surtout en tenue de trial (trial... tenue de moto, à ne pas confondre avec le trail qu'il pratique également mais sans la moto... Essayez de suivre bon sang, sinon on n'est pas sorti de l'auberge, enfin du Ksar puisqu'on est au Maroc)

Les contours de l'épreuve commencent à se dessiner, à commencer par la localisation. La Plage Blanche. Vous ne connaissez pas ? Ne vous inquiétez pas, je ne connaissais pas non plus (maintenant je la situe un peu mieux).

En fait le trail va se dérouler à environ 300km au sud d'Agadir, dans le sud-ouest du Maroc

L'idée de cette localisation est très bonne, d'abord parce que la zone autour de Zagora et de Merzouga, je la connais déjà (2 fois la Trans333 et un MDS) et que du coup, j'y voyais moins d'intérêt à y retourner une fois de plus, ensuite parce que avec cette épreuve on va faire un truc assez rare, à savoir courir dans le désert et... sur la plage. Attention, pas un finish sur la plage, non, juste un passage de 25 petits (mais looooongs) kilomètres, et puis hop, retour dans le désert... Mais on va en reparler plus tard.

Donc localisation validée !

Ensuite l'idée n'est pas de faire une course de plus, mais simplement d'organiser un off, un truc entre potes, sans classement, juste pour le plaisir, et ça me va bien. Il y a déjà assez de courses officielles un peu partout pour se changer les idées avec une épreuve à aborder autrement.

Au fil des mois les choses se précisent et lorsque les inscriptions ouvrent, je décide d'y faire valider ma participation.

Bien sûr entre temps le bouche à oreille a fonctionné. Pas d'affiches ou de stand sur le salon de l'UTMB ou de l'Ecotrail de Paris... Non, juste des échanges avec des ami(e)s ce qui fait qu'au final, on va s'apercevoir qu'on connaît tous au moins la moitié des participants ! Bien sur les Bleds Runners seront de la partie avec Foued, Frank et notre célèbre Maître Guy, mais j'en profite pour attirer un petit nouveau dans l'Ultra Trail, en la personne du Shadock (Hervé pour les intimes). Lui c'est plutôt sur le bitume qu'il pose ses running habituellement, des trucs genre Spartathlon, ou trans-Gaule. Alors pour lui changer les idées je lui vante les mérites du sable pour se faire un peeling des mollets.

Quelques semaines avant le départ j'ai le plaisir de faire la connaissance de Cyrus et de Sylvie lors de leur venue sur l'Ecotrail de Paris. Oui, ils s'ennuient tellement sur les trails dans les montagnes en Suisse qu'ils préfèrent venir courir dans les forêts sauvages du centre du monde, à Paname !

45km et une bonne douche plus tard on refera un petit bout du monde autour d'une bonne table et de quelques breuvages en compagnie Guy, Foued et de Jean Philippe, qui lui sévit habituellement du côté du Tchad, sur le Treg.

Les derniers jours avant le départ sont dédiés à la préparation de l'équipement. Je décide de ne pas trop changer les choses et de repartir avec le même type d'équipement que celui utilisé pour le MDS.

Le détail de la tenue de course, de l'équipement et du ravitaillement sont présentés en détail dans La fiche équipement.

Ah oui, j'oubliais de vous dire qu'il s'agit d'une épreuve en autosuffisance, donc on doit tout avoir avec nous à l'exception de l'eau que nous pourrons recharger sur les CP. Le circuit est évalué à environ 130 km avec seulement 4 CP intermédiaires, environ tous les 25km (mais c'est du environ "marocain", donc on va dire entre 22 et 33 km)

De mon côté je planifie un parcours en environ 30h. Avec un départ à 9h00, cela fait trois sections à gérer jour/nuit/jour en espérant mettre le moins de temps possible sur la dernière partie jour de façon à éviter le pic de chaleur.

Mais tout ça, ce ne sont que des prévisions... du papier... bref un peu du vent quand même...

Samedi 29 avril

Réveil à 3h30 pour un départ de la maison à 4h00 et un avion à 7h00 (qui partira en retard... étonnant) Je retrouve le Shadock ce qui va nous laisser le temps d'échanger un peu sur la course, même si on a déjà eu l'occasion de la faire depuis que je l'ai embringué dans cette aventure.

11h, arrivée à l'aéroport Al-Massira d'Agadir.

25, soleil, et l'accueil de Zineb. Une sacrée perrsonnalité, avec laquelle Jol ne doit pas avoir souvent l'occasion de s'ennuyer. Ah oui, parce que Jol et Zineb ce sont en quelques sortes les chevilles ouvrières de cette épreuve, les relais de Cyrus pendant la préparation de la course ("Le relais de Cyrus"... On dirait le nom d'une taverne perdue au fin fond de la Perse du côté d'Ispahan).

On retrouve également Emmanuelle qui arrive d'un peu plus loin que nous, du pays où on clame haut et fort "Tabernacle" (avec l'accent s'il vous plaît) en écoutant les aventures du "Couillu le Caribou dans l'grand nord". Vous ne connaissez pas ? J'm'en va vous la raconter !

"Il était une fois dans le grand nord canadien où règne un froid polaire, un grand caribou nommé couillu qui avait les profitroles qui traînaient dans la glace. L'était donc bien gêné par c't'affaire là et bramait son désespoir dans la forêt, seul comme un gland, avec ses burnes gercées. Nol approchait, les animaux hibernaient, c'était le grand silence de l'hiver et Couillu l'caribou pris son courage à 4 pattes et à 2 couilles pour s'en aller au marché de Nowel pour faire ses courses de Nowel; c'est normal c'était Nowel. En chemin il croisa une belle M'dame caribou et qui, impressionnée par son paquet lui dit: "Laisse pas ça traîner tu va prendre un rhume de cerveau; met tous ça au chaud dans ma babasse et fais moi donc un beau p'tit"

Ah zut, la production me fait signe que si je raconte toute l'histoire ce sera trop long. Bon tant pis, on va revenir à nos aventures sablonneuses. Mais cela ne nous a pas empêché quand même de faire la connaissance d'Emmanuelle qui arrive d'un peu plus loin que nous... Ah oui je vous l'ai déjà dit tout ça !

Tous les autres concurrents étant arrivés la veille , et même parfois bien avant pour les plus vieux...Oups ! je voulais dire les plus expérimentés, nous allons faire la route de façon à les retrouver pour le déjeuner.

Les retrouvailles se feront autour d'un poulet frite local, mais qu'est-ce que c'est bon ! Je veux dire de retrouver plein de têtes connues rencontrées au fil des années sur les courses. En plus le poulet frites arrivait aussi au bon moment !

Sur la route, Zineb s'arrête pour faire quelques courses, dont une énorme botte de menthe, une des meilleures du pays parait-il. Du coup il règne une odeur dans la voiture, que du bonheur, surtout lorsque nous allons nous arrêter pour prendre un thé sur la route, fait avec cette fameuse menthe justement. Slurrppp !

Après une bonne heure de route supplémentaire on attaque la piste pour rejoindre notre premier point de chute à savoir le Ksar de Tafnidilt. C'est simple il suffit de suivre les indications

Sauf qu'il était trop facile d'arriver directement au Ksar sans commencer par tester, fort astucieusement (ils sont un peu pervers ces suisses), l'aptitude des concurrents à se mouvoir dans le sable.

C'est ainsi qu'un des chauffeur va tranquillement planter un des minibus. Allez hop ! tout le monde dehors, et c'est pas juste pour une pause pipi !

Une fois le bus sorti de l'ornière, Zineb en profite pour nous faire faire un petit crochet pour monter à un ancien fort d'où on a un point de vue sur la vallée et même sur le Ksar (si, si regardez bien sur la droite... Vous ne le devinez pas ? Pas grave de toute façon, on va se rapprocher).

Arrivée au Ksar. Un site vraiment superbe posé au milieu de nulle part.


Viens danser, sous les sunlight des tropiques
Arghhh ! Gilbert Montagné... Sors de ce corps !

Installation dans les chambre. Je vais partager la mienne avec les "parisiens", à savoir Foued, Maître Guy, Jean-Philippe et même, dans notre grande bonté et notre infinie miséricorde, nous acceptons d'héberger un sté.. stéph... pas facile à dire... un stéphanois (ouf! j'y suis arrivé) en la personne de Frank (par respect envers lui, il a été décidé de ne pas parler foot en sa présence).

En fin d'après midi direction le briefing.

Moment important où on va nous donner les dernières infos. Petit changement sur la seconde moitié du tracé. On ne fera "que" 25km sur la plage blanche, des manoeuvres militaire nous imposant de quitter la plage après le CP3.

Pour le reste, Cyrus en profite pour rappeler "l'esprit" de cette course (qui n'en est pas une, rappelons le). C'est un OFF, donc une course sans chrono ni classement, une sortie longue entre amis. Cela peut sembler étrange d'annoncer cela, mais c'est justement ce qui va faire de cette édition quelque chose de différent. Bien sur que le côté compétition pour certains ou atteinte d'objectifs perso pour d'autres restera présent, mais la priorité ne semble vraiment pas être là. Tous et toutes les participant(e)s ont pour la plupart un pédigré sportif qui leur permet largement de s'affranchir d'une compet' de plus.

En complément du briefing, on a le calage des GPS. Alors là, comment vous dire, un grand moment que l'utilisation du GPS...

Cela a commencé plusieurs jours avant la course quand Cyrus nous a envoyé la trace GPS à charger dans nos appareils. On parle bien d'une trace et non d'un ensemble de "waypoints" comme cela se fait souvent sur ce genre d'épreuves, ce qui semble en avoir perturbé quelques uns... En gros avec des Waypoinys, on vous donnes 10, 20, ou 50 points à rejoindre et le GPS vous propose d'y aller en trace direct entre chaque. A vous de juger du meilleur terrain pour savoir s'il faut aller tout droit ou contourner.

Avec le mode trace, le parcours est entièrement tracé sur le GPS (plus de 500 points pour l'UTPB) et vous avez juste à suivre la trace qui est indiqué sur la carte du GPS (ou suivre l'aiguille de la boussole pour ceux non équipé de cartographie).

On va passer quelques soirées à échanger sur le sujet, certains ne trouvant que 4 waypoints (normale ce sont les CP) mais on ne dira pas qui, hein Guy !, d'autres ne voyant rien apparaître sur leur GPS (normal, car visualiser une trace située au Maroc quand votre GPS vous localise en région parisienne, c'est pas gagné !).

Bref, il faut admirer le flegme, pratiquement britannique de Jol lors du contrôle et du chargement des GPS sur place. Il faut dire que pour tout simplifier la trace a été modifiée pratiquement la veille du départ, ce qui n'a pas été de nature à rassurer les sceptiques de l'azimut.

Pour ma part j'avais opté pour un choix simple... Utiliser un GPS, avec la trace pré-chargée, proposé par Jol... Pas de stress, nickel !

Un dernier repas (je parle avant la course... pas dans l'absolu, il ne faut pas exagérer) au Ksar dans une fort jolie salle, puis c'est parti pour une grosse nuit récupératrice (celle d'hier ayant été un peu courte).


Dimanche 30 avril

7h00 le réveil n'a pas le temps de sonner, je suis réveillé juste avant. Direction le petit déjeuner pris à la bougie (le courant ne fonctionne qu'à certaines heures), un petit déjà juste copieux comme il faut. Le temps s'annonce top. Ciel bleu parsemé de nuages pour nous faire des zones d'ombres, pas de pluie (ne rigolez pas, ça peut arriver, même ici), un peu de vent (enfin pour le moment on pense que ce sera juste un peu), et une température prévue autour des 28.

Après le petit déjeuner on file finaliser les sacs et se mettre en tenue. Là on décide de faire la photo d'équipe, juse devant notre chambre car le paysage correspond exactement à notre environnement.


De gauche à droite, Foued, Frank, Michel, Maître Guy et Jean-Philippe

On finalise la tenue et l'équipement et vers 8h45, on a tous rendez-vous vers la zone de départ pour la traditionnelle photo de groupe

On se place devant la banderole, mais attention, pas question de tricher d'un seul mètre... Une fois la photo prise, tout le monde recule derrière la ligne ;-)

A 9h00 pile (c'est aussi l'avantage de travailler avec une organisation suisse, ne nous le cachons pas), Le top départ est donné... Y'a pu ka !

On part par la piste puis rapidement on la quitte pour monter vers l'ancien fort situé à un petit kilomètre du départ, le fameux fort d'où nous avions fait des photos hier en arrivant. Si j'ai fait les premières centaines de mètres en courant, je bascule en mode marche dès le début de la courte montée qui nous mène à la grande porte du fort.


Passage de Guy et de Foued à l'entrée du fort (notez le Ksar dans le fond)

De là on redescend et on alterner piste et trace dans les cailloux suivant les choix des un(e)s et des autres.

Quelques kilomètres plus loin, on quitte la piste pour ce que Cyrus appelait, je cite, "un enchainement de dunettes et de zones plus dures où on peut courir". Alors là, comment vous expliquer. C'est probablement un problème culturel propre à nos amis Helvètes, mais pour ma part quand un tas de sable fait plus de 100m de haut et plus de 700m de long, je n'appelle pas ça une "dunette". J'appelle ça "une Pt@/n de dune de mrd"... Désolé pour les oreilles prudes qui liront ce message !

On va enchainer ainsi plusieurs champs de dunes, avec pour nous faciliter le travail un sable globalement assez fin et mou

J'ai beaucoup de mal dans les longues montées. J'essaye de gérer au mieux mais je suis rapidement dans le rouge. J'ai la désagréable impression de ne pas avancer tout en étant hors de forme.

[Mode récit OFF] J'en profite pour préciser un point. Même si je n'en ai rien laissé paraître, je savais en prenant le départ que je serais trop juste côté préparation. 2 années de galère suite a des blessures (j'ai déjà eu l'occasion d'en expliquer le contexte) ne peuvent pas être compensées par quelques semaines d'entraînement, d'autant que j'étais déjà à l'arrache sur les 45km de l'écotrail en mars dernier, et que pour tout arranger, 15 jours avant la course je me suis pris une gamelle dans l'escalier de la maison, provoquant une vive douleur (toujours présente) côté hanche droite (pas le côté qui a été cassé, heureusement). Du coup, comme c'était prévu, j'ai décidé de faire la course en mode marche et non course. Voilà, on peut clore ce petit point d'explication [Mode récit ON]

Dès la première grosse dune je casse la dragonne d'un de mes bâtons, hors pour être efficace, l'usage des bâtons ne se fait que sur la dragonne... Grosse contrariété! Je repars quand même, et au début de la seconde longue montée, voyant que le soleil commence à taper, je décide d'enfiler mes manchettes cyclistes pour me protéger les bras. Je demande à un concurrent (je ne me souviens plus de qui il s'agissait) s'il peut me sortir les manchettes bleues dans le filet de mon sac. Il regarde et me dit "mais il n'y a rien de bleu dedans". Je m'arrête, enlève le sac et effectivement, pas de manchettes dans le filet. Je regarde dans le sac, rien ! Merdum ! Du coup je vide tout le sac pour voir où j'ai pu les ranger, mais toujours rien. Ok, j'ai du les perdre en route. Du coup mon arrêt se prolonge un peu. Je dois enlever mon maillot manches courtes pour enfiler le maillot manches longues prévu pour la nuit. Quand je repars, tout le monde semble être passé devant moi (déjà que je n'étais pas parti vite) et je ne vois plus personne derrière.

Je reprends mon chemin, gérant au mieux les montées, récupérant sur le plat dès que le sol le permet. J'essaye de boire beaucoup, en tous cas plus que d'habitude (un de mes gros défauts) et pour ça, l'usage des bidons est quand même plus efficace que le camelbag. Pendant la course je ne regarde généralement jamais ni la montre, ni les distances affichées par le GPS (uniquement la trace). Pour moi peu importe qu'il reste 1 ou 10km, il faut de toute façon aller au CP suivant. Point Barre !

Le seul moment où je regarde ma montre c'est à 12h45, lorsque mes 2 bidons sont vides. Je m'arrête pour sortir la bouteille de 1,5L qui est dans le sac et remplir les bidons. Au total je suis parti avec 3L d'eau pour cette première section.

Je repars, et un peu plus loin je vous le toit d'une tente blanche. Genial, le ravito approche... Fausse joie c'est une tente locale, mais rien à voir avec notre CP. Le moral rebaisse un peu mais je repars. Je suis limite dans le rouge, et je me demande si je vais passer la barrière horaire de CP1.

Effectivement, si les BH (Barrières Horaires) sont calculées très larges, celle de CP1 est plus contraignante en raison de la nécessité ensuite de déplacer l'équipe de CP1 vers CP4. La limite est située à 15h, ce qui fait 6h pour 25km environ, sauf que 4km/h de moyenne dans le sable mou, je me dis que c'est pas gagné d'avance, et je cogite un peu trop là dessus. Pas de forme physique, allure d'escargot et BH limite... Pas bon pour le moral.

Finalement, je vois au loin le toit d'une tente sombre au milieu des dunes. Cette fois ce sera bien le CP1.

On y est accueilli par Jenny, Christian (oups j'ai oublié son prénom) et par Isange. Perruques et ballons baudruches sont aussi là pour nous aider à nous changer un peu les idées. Je retrouve tout le monde, en tous cas tous ceux qui m'ont doublé sur la première partie de la course dont Jean-Philippe, Foued, Frank et Guy.

Là il faut vraiment que je me pose parce que mon idée est d'arrêter ici. 4km/h dans le sable et dans le rouge, je ne pourrais pas aller plus loin. Sauf qu'en regardant la montre je vois qu'il n'est pas 15h comme je l'imaginais, mais seulement 13h10 ! Je n'ai mis que 4h10 pour cette première section, c'est normal que j'en ai un petit coup dans le museau du coup.

Je me ravitaille comme prévu. Eau gazeuse (merci Idrolitina), puis pendant que mon crumble se réhydrate, je mange mes biscuits salés avec de la viande de boeuf séchée. Le crumble est une de mes bonnes découvertes lors du MDS avec l'ananas déshydraté. Ca se réhydrate à l'eau froide en quelques minute, on a la vraie consistance de la compote, et en plus les pépites croquantes du crumble. Ca fait un bien fou.

Pendant ce temps mes comparsee s'enfuient. Pas grave, vu mon état de forme je préfère caler mon allure seul. Quand je tape dans le dur , j'ai tendance à me refermer dans ma bulle, et donc progresser seul ne me pose pas de problème particulier. Isange vient me voir pour savoir si j'ai récupéré. Plusieurs fois elle me demande ce qu'elle peut faire pour me redonner l'envie de partir, et je suis tellement à côté de la plaque que je ne pense même pas à lui répondre "un bisou"... c'est pour dire [Mode Paul OFF] Surtout que Paul était loin devant en plus...[mode Paul ON].

Finalement je décide de repartir tranquillement en levant un peu le pied par rapport à mon allure de départ. Départ après 30mn de pause, il est 13h40

Les 10km qui suivent vont progressivement nous faire quitter le sable pour retrouver des pistes caillouteuses. Sur ce terrain j'arrive à retrouver une vitesse de progression correcte pour un marcheur, mais les distances me semblent interminables. A un moment je vois devant moi Foued, Guy et deux autres coureurs. Arrivés à une intersection, ils prennent sur la gauche et lorsque moi j'y arrive le GPS m'indique clairement de prendre à droite. J'essaye de les appeler, mais le vent qui souffle fort fait qu'ils ne m'entendent pas. Tant pis je descends à droite. Ce n'est que plus tard que je vais voir Foued arriver à ma hauteur en courant. Il m'expliquera que lorsqu'il m'a vu à droite dans le vallon il dit à ses équipiers qu'ils avaient du se tromper et ils ont coupé dans l'erg pour me rejoindre. En fait ils savaient qu'ils étaient sur la mauvaise pistes mais ils pensaient qu'elle allait tourner ! Enfin je ne sais pas si c'est mon expérience d'orienteur qui veut ça, mais quand tu es à un intersection, qu'il y a un chemin qui part dans la bonne direction et un dans la mauvaise, il faut avoir l'esprit tordu pour se dire "je vais prendre le mauvais en espérant qu'il tournent pour devenir bon"... N'est-il pas ? ;-)

Après cette section, une belle descente me fait rejoindre l'Oued Aoreora que l'on va prendre pendant 15km jusqu'à CP2 et à la plage blanche. Ici la trace finalement chargée dans les GPS diverge un peu ce celle qui nous avait été envoyée initialement. On aurait du prendre le tracé en pointillé bleu, mais en fait la trace GPS nous a fait passer par le tracé rouge

En arrivant en visu de l'Oued je vois deux concurrents un peu plus loin devant. Je descends dans l'oued où je retrouve Cyrus qui patrouille en moto.

Pas besoin d'eau, j'ai de la réserve. Je continue. Progressivement je me rapproche d'eux jusqu'au moment où je les vois quitter l'oued par une petite piste où sont passées les moto ce qui fait couper un peu la courbe indiquée par le GPS (mais ce qui n'est pas interdit par le règlement, précisons le !) On est sur la coupe n1, en rouge sur la carte.

J'arrive à les rattraper, mais là il semblent hésitants à couper d'avantage et modifient leur progression pour rejoindre l'oued. En fait il s'agit de Frank et Pascale. Une fois de retour dans l'oued, le GPS montre une nouvelle coupe possible (la coupe n2 en vert sur la carte). Le terrain semble simple à passer et avec Frank on s'y lance, Pascale préférant rester dans l'oued. Le coupé est payant même si on aurait probablement pu encore l'optimiser.

De retour dans l'oued on avance correctement quand Frank me dit
"- Regarde le GPS, il y a un jolie coupe à faire" (la coupe n3 en violet sur la carte). Jolie coupe, oui, mais par moment il faut sortir la tête du GPS et regarder le terrain...
"- Dis donc Frank, tu es certain de vouloir couper ?" et je lui montre le colossal tas de roches et de sable qui se trouve sur la trace.
"- Heu finalement il vaut mieux rester dans l'oued" ;-) me répond t-il

Nous voilà repartis. Après je dois avouer avoir un petit trou de mémoire sur l'ordre exact des événements. On passe notre temps à changer de rive dans l'oued car il n'est pas tout à fait aussi asséché que prévu, et parfois il s'en faut de peu pour aller plonger une chaussure dans l'eau croupie. On a du rattraper ensuite Jean-Philippe (avec Katia et Marie, je ne sais plus trop) et progressivement toujours dans ma bulle je devais être un peu plus rapide qu'eux (même avec un bâton cassé) et je les ai perdu.

A un moment je suis rejoint par Fabrice, bien plus rapide que moi mais qui s'est perdu sur la première partie. Il se met quelques instants à ma hauteur, me demande si j'ai besoin de quelque chose en particulier, mais encore une fois j'étais trop dans le dur pour pouvoir m'ouvrir. En tous cas merci d'avoir fait ces quelques mètres avec moi quand même.

Je me souviens un peu plus loin m'être arrêté pour recharger mes bidons d'eau comme sur le premier CP, puis en repartant je vois plus loin devant Sylvie et Brigitte que je rejoins un peu après. Sylvie a du mal sur cette section, et de mon côté je me dis que ça me fera du bien de baisser un petit peu le rythme. Du coup je décide de rester avec elles jusqu'au CP. On va terminer les derniers virages qui semblent interminables, et ce malgré un décors absolument superbe entre les falaises à notre gauche et les immenses dunes à notre droite.

Finalement on arrive en vue de CP2 vers 19h30, soit près de 6h après avoir quitté CP1 (au passage j'aimerai bien avoir les distances exactes entre les CP car celui là ne pouvait pas faire seulement 25km, ce qui correspondait grossièrement à la trace initiale, mais pas à celle que nous avons faite).

Au CP on est accueilli par Cyrus (l'avantage de courir avec Sylvie), mais surtout par toute l'équipe du CP, et là on a le droit au grand jeu grace à Thérésa, Sergio "Maximus" chef de la 1ere Légion de l'Ultra Trail de la Plage Blanche (Force et honneur) et Claude. Le CP est installé en plein vent mais il font tout ce qu'il faut pour qu'on soit le mieux possible. A ma grande surprise, Jean Philippe est déjà là. Le "saligot" a fait une jolie coupe et a réussi à repasser devant nous sans qu'on s'en aperçoive. Je me pose et je commence à me ravitailler. Un plat de pâtes et pendant qu'il se réhydrate, je me fais eau gazeuse + crakers salés viande séchée. Le temps de manger tranquillement, j'ai un gros coup de pompe et surtout je commence à avoir froid. J'annonce mon intention d'arrêter là.

Claude vient me voir et me demande quelle quantité j'ai bu. Visiblement pas suffisante, alors oust!, direction la buvette (en fait je prends deux bouteilles d'eau à boire tranquillement). Je suis complètement hors du coup. Depuis le début je ne suis pas bien, pas de sensation, pas de foncier, les problèmes matériel avec les bâtons et les manchettes,... Le tout fait que j'ai décroché. Je pourrais certainement repartir pour un CP, mais je ne l'ai plus en tête. Je vais me protéger du vent dans une des tentes ce qui me permet de ne pas trop me raccrocher aux copains et aux copines qui repartent pour attaquer les 25km de plage.

Je fais une longue pose pendant laquelle je bois beaucoup, jusqu'à ce que la situation sur CP3 (le CP suivant) devienne assez compliquée pour qu'une partie de l'équipe soit transférée là bas avec une des tentes.

Je reste sur le CP avec Thérésa et Sergio, et mon arrêt étant maintenant officiel j'essaye de filer un coup de main pour l'accueil des derniers concurrents alors que la nuit a tout envahie.

On ne quittera CP2 que tard dans la nuit, avec un transfert épique CP2-CP3 dans un 4x4 surchargé à 100 km/h , et en faisant la course contre la marée qui remonte.

Pose à CP3 tenu par Teena et à Jacques, le temps d'aider les concurrents présents, un CP positionné en plein vent (pas de chances car sur toutes les recos, il n'y en a jamais eu)

On reste là jusqu'à environ 2h30 du matin, puis un 4x4 nous amènent au Ksar de Fort Bou Jerif, le lieu de l'arrivée. Pour le moment un seul concurrent est arrivé. Un vrai champion qui a bouclé le parcours en 16h. Juste impressionnant. Personne d'autre attendu pour le moment. Le temps de prendre une rapide collation et une bonne douche et direction le dodo.

Réveil 3 heures plus tard, petit déjeuner, puis une journée passée au rythme des arrivées, en essayant de ne louper personne. Au final, seuls 3 concurrents passeront sous les 24h... ça en dit long sur le caractère technique de la course.

L'accueil fait dans ce Ksar est là encore exceptionnel. Pour avoir souvent voyager, je dois dire que là, aussi bien la qualité du service, que les repas (tout est fait localement, même le pain) ou que l'entretien du ksar tout était vraiment nickel.


Arrivée du shadock en bonne compagnie


Arrivée de Jean-Philippe

Les derniers arriveront tard dans la nuit; bouclant ainsi cette édition "0".

La journée de mardi sera une vraie journée de récupération, avec au programme piscine (oui, oui en plein désert), massage, soins des pieds pour les plus abîmés (comme ce qui se passe à l'UTPB reste à l'UTPB, on ne parlera pas de ton prix des pieds "les plus pourris" remis par Isange et Claude mon bon Jean-Philippe ;-) ).../...

.../... tour de quad, pour finir par un apéro convivial et une remise des trophées (pas des prix puisqu'il n'y a ni résultat officiel, ni classement... tout juste un ordre d'arrivée.

Et voilà pour cette année... Alors que dire de tout cela. Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur la course, l'ambiance, sur tout, et franchement cela fait très très longtemps que je n'avais pas connu une telle ambiance sur une épreuve. Cyrus , avec toute ton équipe, tu as bien sur réussi ton organisation, mais il y a une chose bien plus important que tu as produite, c'est ce lien qui s'est créé entre toute l'équipe. Cela me rappelle ma première course dans le désert, la Mauritanienne Race organisée par Jean-Pierre Delhotal en 2006 où j'avais découvert cette atmosphère, cet esprit. Tu as réussi à faire passer quelque chose qui va au delà de la course, et si je ne me trompe pas c'était quand même un peu ton objectif. Alors tu l'as largement atteint.

Il est bien sur impossible de terminer sans remercier tout le monde, en essayant de ne pas en oublier (et c'est pas gagné...). Alors dans le désordre, un grand grand merci à toute l'équipe d'organisation pour ce que vous avez fait. Vous êtes tous au top.

Merci à Claude et Isange pour leur présence plus que rassurante quand on est pas bien (Isange tu me dois un bisou... Celui que j'ai oublié de te demander au CP1).

Un coup de chapeau au équipes des 2 Ksar qui nous ont parfaitement bien accueillis, un vrai bonheur que ces moments passés chez vous

Merci à tous les participants, ceux que j'avais déjà croisé ou rencontré comme Michel, Paul, Patrick et quelques autres... et bien sur à tous ceux dont j'ai fait la connaissance. L'équipe était belle, et elle le restera.

Je voudrais tirer un coup de chapeau à Benjamin pour avoir bouclé ces 130 bornes en famille avec Florence. Une situation qui m'en rappelle une autre vécue sur la 333 et les larmes d'isabelle à la remise des lots étaient une sacrée récompense.

Egalement au 1er, Javier Marina qui est un sportif incroyable, mais surtout quelqu'un d'adorable !

Merci aux Bled Runners, Maître Guy, Frank et Foued auxquels j'associe désormais Jean-Philippe qui a démontré qu'il n'était pas juste un organisateur.

Merci à mon pote le Shadock que j'ai entraîné dans cette aventure mais qui, me semble t-il, à découvert quelque chose de différent de ce à quoi il s'attendait.

Merci à Cécile qui nous a posé un lapin, mais sans qui je ne serais peut-être pas venu traîner mes guêtres ici,

Et puis merci à Sylvie et Cyrus pour avoir concrétisé ce qui était juste une idée un peu folle

On se reverra pour l'édition 1... Pas le choix !

Entrainement S-51, c'est parti !

Michel

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