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Le CR de La course

Ecotrail de Paname… Version "Marche Nordique" !

Pratiquement un an sans dossard. Celà ne m'était jamais arrivé en 40 années de course.

Blessure sur l'Ecotrail 2015, MDS fait avec la blessure histoire d'en remettre une couche, prise en charge tardive (une douleur ca passe tout seul ou ça se gère), et au final un enchaînement de pathologies qui rendent impossible un footing de plus de 20mn depuis mi mars 2015.

Entre temps, la marche provoquant beaucoup moins de douleurs, et le MDS s'étant plutôt pas trop mal passé, je me décide à reprendre un peu d'exercice dans ce domaine, sauf que pour que je m'entraîne, il me faut un objectif... C'est comme ça. Du coup, les 30km de marche nordique de l'Ecotrail deviennent une idée plutôt sympa, d'autant que ça se joue localement, et que ça me fera une première vraie compétition de marche nordique (MN dans la suite de ce récit).

Inscription faite, le parcours est globalement connu puisque c'est le même que celui du trail de 30km de l'année passée à quelques bistouilles près(enfin ça c'est ce que je pense).

J'attaque une petite préparation histoire de ne pas arriver trop à la ramasse quand même. Pas mal de sorties tôt le matin d'environ 6km. Ca peut sembler court mais ca fait en MN 45mn, ce qui est globalement le temps dont je dispose avant d'aller bosser. Les temps s'améliorent très progressivement au fil des semaines. J'arrive à caler quelques sorties supérieures à 10km, et même une de 20km. Probablement pas suffisant pour une épreuve de 30km mais entre ce fond de préparation MN et mon expérience des courses plus longues je me dis que ça doit le faire. De toute façon, je n'ai pas le temps d'en faire plus.

Entre temps j'ai poursuivi les investigations pour essayer de remettre la machine en état, et en janvier, alors que j'accompagne le Bagnard comme bénévole sur le Raid28, Sarah, une camarade de club, me propose de passer la voir à son cabinet de chiropracteur. Au point où j'en suis, me faire remettre en place cervicales, lombaires et autres osselets ne pourra pas me faire de mal. Je me suis d'ailleurs rendu compte que au delà de 1h30 de MN, mon nerf sciatique dans la jambe droite se réveillait... Donc quand je cours j'ai mal à gauche et quand je marche j'ai mal à droite. On est pas gâté !

Après quelques séances les premiers résultats sont encourageants. J'ai réussi à recourir 35mn sans douleur, mais avec l'Ecotrail qui approche je n'ai pas pu confirmer en renouvelant ça une ou deux fois. Par contre j'ai réussi à faire une sortie de 1h30 de MN sans aucune douleur dans la fesse droite.

J'allège l'entraînement sur la dernière semaine avec juste une petite sortie le mercredi matin. Tous les voyants semblent au vert

Samedi 19 mars

Je décide d'aller au départ à Meudon plus tôt que l'heure de mon départ prévu à 10h30 de façon à pourvoir voir les copains qui partent dès 10h00 sur le 30km course. Contrairement à l'an dernier où j'étais allé au départ en transports directement depuis la maison, là je décide d'aller me garer à la Tour Eiffel, puis de prendre le RERC et le Tram pour revenir sur Meudon. J'ai un souvenir difficile de retour par les transports l'an dernier avec ma jambe en vrac.

J'arrive sur Meudon en plein pendant les vagues des départs du 18km. Il ne fait pas chaud ce matin, avec un ciel gris et je fais deux aller/retours jusqu'à l'entrée de l'observatoire histoire de me réchauffer. Lorsque je redescends je retrouve les uns après les autres des coureurs du 30. Cyril que je ne reconnais pas sur le coup à cause de la barbe, Gak, les copains du SOH, et la dream team des Bleds Runners, menée par Maître Guy, qui se prépare à retourner au MDS dans 2 petites semaines.

Je regarde partir les premières vagues puis je descends derrière le sas de départ histoire de ne pas me retrouver dans le fond. Pas question d'être en première ligne non plus, mais j'aime bien quand même me faire un peu entraîner histoire de lancer la machine.

J'ai déjà communiqué mon objectif initial, faire moins de 5 heures, ce qui correspond à +30% du temps de Christian (le vainqueur en 3h50) l'an dernier. La même proportion rapportée au marathon de Paris (2h10) me ferais courir en... 2h50... Hé oui, 30% du temps du premier c'est chaud bouillant ! Le soucis c'est que entre temps, Bert' est venu me titiller en me disant que Arnaud Tsamere avait mis 4h30 l'an dernier... Je ne relève pas mais quand même...

Côté tenue et équipement, le fait que la course ne soit pas très longue facilite les choses. Ca fait une semaine qu'il fait bien sec, alors je décide de partir avec les chaussures de route, plus confortables que les trails sur les longs chemins et les sections bitumées ce qui représente au final plus des 2/3 du parcours. Un collant long avec les booster dessous, et en haut un maillot fin Craft avec par dessus le maillot manches longues kikourou. Jusqu'au départ je garde le coupe vent par dessus mais une fois dans le sas à l'abris du vent, je décide de le mettre dans le sac, car en marchant je sais que j'aurai rapidement chaud.
En ce qui concerne le sac, j'ai pris mon vieux DK 5L avec dedans une poche à eau de 2 litres qui devrait me permettre de ne pas avoir à me ravitailler en route, et bien sur le matériel obligatoire (couverture de survie,...) et le coupe vent. Côté ravitaillement, j'ai mis un peu de poudre de perlimpimpin dans la poche et j'emporte juste 3 gels pour gérer les coups de mou.
Bien sur j'ai pris mes jolis bâtons KV+, avec des gants en soie et des gants de VTT pour éviter les frottements des gantelets.

Avec 250 participants, il n'y aura qu'une seule vague de départ.

10h38, le départ est donné. Comme tous les autres parcours qui partent de Meudon, on commence par l'avenue du château, une jolie montée sur les pavés. On est encore serrés et avec les bâtons pour être plus à l'aise je décide de partir dans la contre allée en herbe. Au moins ça permet de faire monter la température de la machine dès le départ. Comme je n'ai aucun repère chrono, je décide de ne pas lancer le chrono, et de ne pas regarder la montre pendant la course. Je vais gérer cette première épreuve uniquement aux sensations, de façon à avoir une base fiable si un jour je devais y revenir.

Arrivé en haut on rentre dans le parc de l'observatoire et à partie de là je ne vais plus être gêné. Les marcheurs se sont étalés, et je peux progresser à mon allure facilement. La première partie ne pose pas de problème. Petit à petit je cale mon rythme en essayant de ne pas me laisser entraîner et assez rapidement les positions se stabilisent. Vers le 2ème ou 3ème kilomètre je fais un petit bout avec un autre marcheur qui m'explique qu'il a les boules parce que l'an dernier il était dans un groupe qui s'est perdu. Heu ! Attends ! Tu veux dire que tu étais dans le groupe de tête ? Là je me dis que je suis peut-être parti un peu vite...

J'essaye malgré tout de caler mon allure sur les premières sections qui sont plutôt roulantes, et je remarque dès le début quelques marcheurs au pas très très souple... bref ce n'est même plus du pas coulé, c'est franchement de la course... Que voulez vous y faire ?

On attaque les premières petites montagnes russes avec des juges aux allures qui nous surveillent. On les reverra un peu plus loin puis plus rien jusqu'à l'arrivée !

On attaque la première montée du circuit bien droite comme je ne les aime pas. En fait je n'aime pas les montées tout court ! Du coup, je regarde mes pieds, je me penche en avant et j'optimise au maximum l'utilisation de mes bâtons, et là, étrangement je remonte plein de marcheurs ! Et même certains marcheurs/coureurs qui désormais ne peuvent que marcher. Comme toujours sur l'Ecotrail, chaque montée est suivie par une longue partie permettant de récupérer.

Un peu plus loin on a le droit à un long faux plat montant. Pour une fois je suis content d'être en mode marche car c'est exactement le genre de terrain sur lequel j'ai du mal à me positionner lorsque je suis en mode course. La montée n'est pas assez raide pour justifier de marcher et est trop raide pour que je puisse la passer sereinement en courant. Aujourd'hui la question ne se pose pas et je la mange tranquillement, toujours bien penché en avant pour optimiser mes appuis sur les bâtons.

Une nouvelle montée se passe dans les mêmes conditions mais une fois en haut je passe au pointage de chaville - parc mare adam qui est, suivant les informations, le km 8,5, le km 9, voir même le km 10,0. En gros on sait où on en est à 1,5km près... C'est marrant mais je n'avais pas l'impression que de calculer des kilomètres était aussi compliqué que ça, mais pour les organisateurs de l'Ecotrail, ça semble être un véritable défi :D

Depuis le départ je n'ai jamais regardé la montre et je décide de continuer de cette façon là. Je n'ai pas de repère d'allure, pas de repère kilométrique fiable, alors à quoi bon tirer des plans sur la comète chrono ? Après course en regardant les fichiers fournis par l'organisation, je verrai que je suis passé à ce pointage en 1h11.

Pas question de se laisser aller. On repart dans les enchaînements de chemins et de sentiers. Je reconnais pas mal des endroits où on est passés l'an dernier, mais je n'arrive pas à projeter la suite du parcours. Autant en CO je mémorise absolument tout, autant là j'ai de gros trous. Bon de toute façon je prends le terrain comme il vient sans me poser de question en attendant d'arriver au ravitaillement de St Cloud. On trouve les premiers panneaux Kikourou d'encouragement et même un peu plus loin un panneau nous indiquant la "presque" dernière côte. Ben voyons... Patrick, il va falloir que tu révise ton parcours pour l'an prochain !

A un moment, alors que j'avance plutôt pas trop mal, voilà que j'entends des pas juste derrière moi et des bâtons qui trainent par terre. Une voix me demande si il est possible de me prendre la roue. Je réponds qu'il n'y a pas de problème, mais que par contre je vais rester à mon allure. Maintenant si cela lui convient je veux bien lui faire l'allure. On va avancer comme ça pendant plusieurs kilomètres dans le Parc de St Cloud jusqu'à un moment ou il vient se mettre à côté de moi pour s'excuser de ne pas prendre le relais. Pas de soucis... J'assure l'allure. On commence à discuter un peu, et là, il lâche le truc qui tue... "depuis que je suis V4, je n'arrive plus à avancer aussi vite que je le voudrais"... V4... Donc plus de 70ans ! Respect. Heureusement qu'il n'a pas pris le relais parce que je n'aurais pas été certain de pouvoir le suivre.

Depuis quelques kilomètres j'ai mon nerf sciatique (la fameuse douleur quand je marche) qui s'est réveillée. Pas très fort mais je le sens, et j'ai aussi une barre dans le bas du dos. Comme on a fait largement plus de la moitié du parcours, je me dis que ça va le faire, et comme d'hab, j'essaye d'externaliser cette douleur pour la transformer en simple gêne.

On remonte le parc de St Cloud pour approcher d'un carrefour où je sais qu'on va tourner à droite et avoir un long faux plat montant qui va nous faire arriver au ravitaillement. J'en fais part à mon binôme V4, sauf qu'en arrivant à l'intersection, on nous fait signe de traverser et de... descendre en face. Attendez, le ravito il est la haut, à droite. On voit les tentes tout au bout ! Rien n'y fait, il faut passer en face et descendre vers les bassins.

Pas glop ! d'autant qu'après les bassins on continue de nous faire descendre. Si on descend, cela veut dire qu'il faudra remonter, sauf si... les tentes que j'ai vu ne sont pas celles du ravito, et que pour des raisons de travaux ou autre, cette année le ravito a été déplacé sur le parterre en bas du parc !

On continue encore la descente jusqu'à une dernière intersection, et là les bénévoles nous aiguillent sur une superbe montée bien raide en nous disant "c'est bon vous êtes presque au ravitaillement". Ben voyons, juste un petit mur histoire de ne pas nous faire arriver trop refroidis !

Je remonte en tirant toujours mon binôme qui souffre dans cette dernière grimpette, puis je passe le portique. Domaine de St Cloud, km entre 20,0 et 22,0 suivant les informations (toujours aussi précis et efficace) 2h54. Bien sur, pas question de faire d'arrêt significatif. Je suis parti avec une poche à eau de 2 litres, donc pas besoin de faire le plein. Du coup je prends un morceau de banane, un tuc et un carré de chocolat et je repars. Je n'attends pas mon binôme V4 qui voulait prendre le temps de se ravitailler, ce qui m'arrange car je commence à être un peu dans le dur et je vais avoir besoin de me concentrer pour les 10km restants, ce qui était impossible avec la bruit de ses bâtons derrière moi (mais vraiment très bruyant).

Je profite de la sortie du ravito pour mettre les embouts à mes bâtons car on va a voir essentiellement du bitume maintenant, puis j'attaque la descente. Sur cette partie je me fait reprendre par les premiers du 50km. Si les 3 premiers passent par le chemin jalonné, les 4 et 5 (à ce moment là de la course) coupent directement les virages... Pas très correct comme façon de faire !

Arrivée en bas j'essaye de repartir au train, mais ça tiraille de partout. On reprend le long des quais, puis on nous fait traverser à cause des travaux jusqu'au moment où on nous demande d'obliquer vers Meudon ! Heu mais ça remonte par là. En fait avec les travaux, il a fallu détourner un peu le tracé et on se fait une belle montée supplémentaire, suivie d'une descente , ce qui rattrape un peu le coup, sauf qu'en MN, on ne gagne pas autant en descente qu'en course.

On rejoint les quais, et à partir de là le tracé sera le même que les années précédentes. Passage dans l'île à Issy les Moulineaux et seconde salve de panneaux d'encouragement, avec une référence aux Bled Runners qui vont partir dans 15 jours au Marathon des Sables, et aussi une petite pensée pour les marcheurs. Ca fait plaisir.

Etrangement depuis que je suis revenu sur le plat, mes douleurs se sont estompées, probablement aidé par une allure qui s'est également un peu ralentie (ça je ne m'en rendrai compte qu'après coup).

Autant les gens pestent contre cette section urbaine, autant moi j'aime bien. Oui je suis fondamentalement un urbain, sans pour autant désavouer les courses nature, (les deux ne sont pas incompatibles) et ce type d'environnement ne me perturbe pas. Cela me rappelle mon premier 24h à St Fons à l'époque ou on courait au bord de la ligne de chemin de fer et d'une énorme raffinerie. Moi je trouvais cet éclairage industriel presque magique la nuit, là où d'autres trouvaient le parcours horrible.

Par contre si le tracé ne me dérange pas, je m'imaginais grâce à la marche assurer facilement cette section. En fait ça va être un peu plus compliqué. Avec juste une sortie de 20 km en MN, là je suis au delà de mon entraînement, et je vois que je vais le payer. Il va falloir que je rame sévère pour ne pas trop lâcher prise, et ces dix derniers kilomètres ne seront pas aussi coulants que prévu. L'avantage de connaitre le tracé c'est que j'ai de multiples points de repères et que je fonctionne comme en ultra par l'atteinte d'objectifs courts et matérialisables. Les ponts, les carrefours, les immeubles sont autant de balises intermédiaires qui m'empêche de regarder la Tour Eiffel au loin.

Passage sous le périphérique près de l'usine de béton, entrée dans paris, passage du pont du Garigliano, du pont Mirabeau en longeant les immeubles du quai de Grenelle, puis le pont de Grenelle qui nous fait entrer dans l'Ile aux cygnes. L'arrivée se rapproche à grands pas.

Je rejoint Marcel, un marcheur (V3?) avec qui je joue au yoyo pratiquement depuis les premiers kilomètres. On a jamais été à la même allure mais on a pas arrêté de se passer devant l'un l'autre en fonction de l'évolution du terrain. On discute une minute et à partir de là on va rester ensemble.

On sort de l'ile, on passe le pont de Bir Hakeim et on se retrouve sur la promenade d'Australie avec la ligne d'arrivée en ligne de mire. Pour rire je propose un sprint à Marcel... Heureusement, il décline l'invitation, et on passe la ligne ensemble.

Coup d'oeil au chrono pour voir si je suis dans les 5h visées, et là surprise. 4h28'08", ce qui me vaudra une 88ème place sur 240 classés et une 25ème place en V2.

C'est fait ! Après 2 fois le 80km et une fois le 30km en course, je viens de boucler mon premier Ecotrail 30km MN. Le ravitaillement d'arrivée est barefoot (comprenez minimaliste), et comme je suis vidé et que j'ai froid, je décide de faire l'impasse sur la grande tente installée au stade Suffren (j'apprendrai plus tard que l'ambiance était également "barefoot") pour filer directement à la voiture garée juste à côté.

Le temps de me changer, de rentrer à la maison, et là je suis explosé de chez explosé. Comment dire, je suis dans le même état que les années où j'ai fait le 80km. Drôle de sensation. Il ne s'agit pas de douleurs ou de blessure, mais juste d'un état physique global qui va me poursuivre toute la soirée. Par contre je n'ai aucune douleur dans ma jambe gauche (mais d'un autre côté je n'ai pas couru) et plus surprenant, alors qu'avec le refroidissement je m'attendais à sentir mon nerf sciatique, et bien rien, pas même une tension. Tout ce que j'ai ressenti pendant la partie intermédiaire du parcours en forêt a miraculeusement disparu ! Le seul bémol physique seront des courbatures dans les deux fesses. Visiblement j'ai réveillé des muscles que je ne sollicite pas habituellement parce que là, ils se vengent !

Petit coup d'oeil aussi aux deux côtes imprévues de la fin de parcours. Gérées sur le 30, mais je pense qu'elles feront mal aux coureurs du 80

Voilà pour le CR de cette première. Au final un exercice intéressant. Je ne sais pas si je suis fait pour la MN, mais ce qui est certain c'est que pour les ultras, moi qui de toutes façon marche beaucoup, l'optimisation de ce type d'allure alterné avec des sections de course devrait être une approche assez efficace. Mais encore faut-il que je puisse recourir.

Le Lundi, passage dans les mains expertes de Sarah pour vérifier si j'ai pas trop déplacé d'osselets. Visiblement comme elle ne pousse aucun "oh la! la!" en me voyant c'est que ça peut aller. Je dois probablement à ses manipulations une grande partie de l'absence de douleurs après ces 4h30 d'efforts. Ca reste pour le moment la piste de traitement que je continue à privilégier en vue de reprendre mes tests de course la semaine prochaine.

Voilà, reste à savoir si ce sera un épisode unique ou une saga façon "les feux de l'amour" et ses 10.000 épisodes..

Michel !

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